Attention à la tertiarisation prématurée : La Tunisie a plus que jamais besoin de son industrie manufacturière !

2016-05-31-1

Piloté par Riadh Ben Jelil
Octobre 2015

Dans notre premier rapport JOUSSOUR, nous avions proposé, à l’adresse des différents acteurs politiques et parties prenantes, de concevoir et d’adopter ensemble un agenda national comme cadre de travail et d’action pour faire face aux défis du pays1 autres, la mise en place d’un nouveau contrat économique et social, dont l’un des principaux objectifs consisterait à retrouver des taux de croissance soutenus pour pouvoir investir dans le domaine du développement humain et dans les domaines sociaux. L’élaboration du plan stratégique de développement 2016-2020 fournissait l’occasion de préciser les questions fondamentales et les scénarios futurs et d’y apporter, à travers le dialogue, le débat et le consensus, les réponses appropriées qui déterminent nos choix stratégiques. .

C’est dans ce cadre que se posent les questions à l’origine du présent rapport : Comment redresser la croissance en Tunisie ? Quels sont les leviers de la relance économique ? Sur quels secteurs devrait-elle s’appuyer ? Quelle en devrait être la ou les locomotives ? Comment créer un effet d’entrainement ?

C’est la réponse réfléchie et étudiée à de telles questions qui édifie une vraie stratégie de relance soutenue et réaliste, disposant de garanties suffisantes de succès.

Mais malgré ces enjeux pour une Tunisie confrontée à des choix d’avenir cruciaux, le débat est resté, jusque-là, modeste et tronqué. Certains mettent en avant la marge de modernisation et le potentiel de croissance dont dispose le secteur agricole, mais admettent aisément que sa taille (moins de 10% du PIB) limite ses effets d’entrainement. La note d’orientation du plan quinquennal lorgne le secteur des services. Pourtant, à première vue, la plupart des secteurs d’activités de ce secteur ne disposent pas d’un potentiel suffisant pour impulser une vraie relance à court terme. C’est le cas des Transports, de l’hôtellerie et de la restauration (contrariées par les difficultés à venir du Tourisme), du Commerce intérieur (dont l’informel pèse près de 40% de la VA2 services de l’administration publique (qui pèsent près de 30% de la VA des services et pour lesquels la tendance pour les années à venir est à la stabilisation, voire à la réduction, des effectifs). Certes, les services financiers et les Télécommunications présentent un réel potentiel de croissance, mais ils ne pèsent à eux deux que 15% du secteur des services.

Quant au secteur des industries manufacturières, les espoirs portés jadis sur lui semblent enterrés. Pourtant, et c’est l’objet de ce rapport, la question est loin d’être tranchée. A travers une approche macro, nous montrons en effet que ce secteur dispose d’atouts intéressants et présente un potentiel pour jouer le rôle de locomotive de la relance économique à court terme.

Bien sûr, il faudra définir les mécanismes et les politiques industrielles adéquats pour booster le secteur et améliorer la position compétitive de la Tunisie sur le marché des biens manufacturés, ce qui suppose une étude sectorielle détaillée, qui nous semble prématurée tant que le débat n’est pas lancé. Il serait également intéressant, pour alimenter le débat, de mener une étude comparative détaillée entre les secteurs, notamment entre l’industrie manufacturière et les services, pour identifier nos meilleurs atouts et potentiels et préciser finement nos choix stratégiques en matière de relance économique.

En attendant, nous pensons que la Tunisie ne peut faire l’économie d’un débat sur une question aussi importante que la stratégie de relance de l’économie. Nous pensons également que ce débat devra prendre racine dans la réalité, s’appuyer sur des éléments tangibles, chiffres et simulations à l’appui, et qu’il devra tenir compte du potentiel réel et des contraintes effectives de notre économie. C’est ce que nous recherchons à travers la publication de ce rapport !

En français: Rapport complet

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