L’urgence d’un « agenda national » face à l’ampleur des défis

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Juillet 2016

Il est communément admis que le pays fait face à trois grands défis : politique, socio-économique et sécuritaire, intensifiés par un contexte géopolitique défavorable, marqué notamment par les crises dans le voisinage immédiat de la Tunisie et de sa région.

La situation est rendue encore plus compliquée par les récents développements difficiles voire dramatiques pratiquement sur tous les fronts :

– Sur le front sécuritaire, les derniers événements terroristes marquent l’atteinte d’un nouveau seuil d’intensité du phénomène, lequel a changé de géographie (actions dans les villes), d’objectifs (les touristes comme cibles) et de façon de procéder (actions menées par des « loups solitaires »). Le terrorisme impose ainsi une asymétrie qui se creuse avec l’appareil sécuritaire et qui augmente les difficultés de ce dernier à y faire face,

– Sur le front social et protestataire, les derniers mouvements, qu’ils soient ou non encadrés, ont atteint, par leur fréquence et leur ampleur, un seuil inaccoutumé (arrêt de la production de phosphates, boycott des examens, grèves administratives…),

– Enfin, sur le front géopolitique, « l’Etat Islamique (EI) » est devenu un élément structurant de la dynamique et de la violence en Libye.

Face à cette situation et à ces développements, prime un sentiment général de décalage entre d’un côté les défis et leur intensité, et de l’autre les dispositifs en charge d’y faire face, décriés pour leur mollesse, leur lenteur et leur absence de perspective. A l’origine de cet état de fait : des acteurs qui, bien que déterminants dans les choix de la future Tunisie, ne tiennent pas leur rang en tant que forces de proposition, de propulsion, d’encadrement et de mobilisation, absorbés qu’ils sont par leurs affaires internes. Ils n’ont pourtant d’autres choix aujourd’hui que de se hisser au niveau des rôles et responsabilités qui leur incombent dans cette transition démocratique esquissée par la Constitution, ce qui suppose certes des moyens et du temps, mais aussi et surtout plus d’efforts encore pour atteindre le niveau de responsabilités qui est attendu d’eux en cette période cruciale pour le pays.

C’est dans ce cadre que s’inscrit ce rapport qui, devant l’urgence de la situation, cherche à proposer des solutions opérantes pour faire face à l’ensemble des défis et remédier à cet état. Il commence ainsi par analyser la nature des trois grands défis (chapitre 1), puis traite des éléments de complexité inhérents à ces défis lorsqu’ils sont intriqués entre eux ou baignés dans le champ géopolitique (chapitre 2). Le rapport insiste sur la dangerosité de traiter ces défis de façon sélective et opte pour une approche globale qui intègre les trois défis dans leurs natures et leurs exigences différentes (chapitre 3). Il conclut à la nécessité d’adopter un Agenda National global pour faire face à ces mêmes défis et fait, dans ce sens, des propositions quant au contenu de cet agenda et à son dispositif politique (chapitre 4), sans oublier ses facteurs clés de succès (chapitre 5).

En arabe: Rapport complet

En français: Rapport complet

En anglais: Rapport complet

« L’URGENCE D’UN  « AGENDA NATIONAL »  FACE A L’AMPLEUR DES DEFIS »